Salima A.

Agée de 31 ans, bruxelloise, molenbeekoise de confession musulmane d’origine marocaine je me rends compte à quel point je suis riche de toutes ces appartenances. J’ai poursuivi mes études à l’Université Libre de Bruxelles en sciences psychologiques ; à la sortie ce n’était pas simple de trouver un emploi -ma tête ne convenait pas- mais je n’ai jamais baissé les bras. À chaque fois cela m’a mise davantage debout et aujourd’hui j’exerce cette belle profession depuis plus de 5 ans. J’interviens également auprès des femmes de l’association Link=Brussels avec lesquelles j’aborde des questions touchant à la parentalité et au bien-être du couple. De plus j’ai eu la chance d’avoir pu intégrer l’équipe de recherche de Francine de Montigny à l’Université du Québec en Outaouais sur l’engagement des pères. Cette expérience a donné lieu à la publication d’une étude sur la paternité en contexte migratoire. Le domaine de la parentalité me passionne tenter de sensibiliser les hommes et les femmes sur ces questions-là afin de pouvoir accompagner leurs enfants qui deviendront les adultes de demain.

« Un arbre avant d’avoir des branches et des fruits enfonce ces racines profondément dans la terre. Les racines de l’enfant c’est son attachement à ses personnes de référence primaire. »
André Stern

Maman de deux enfants, je sais à quel point qu’à « chaque fois que je me plante, je pousse. » Je remercie mes enfants de m’aider à essayer d’être quelqu’un de meilleur un peu plus chaque jour.

Mon expérience en tant que thérapeute m’a grandi, les patients que je rencontre m’apportent la conviction, chaque jour davantage, qu’en chaque personne il y une force pour faire face aux difficultés de la vie.

Sue Atshley Ebaugh disait que « Le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à l’autre est une attention profonde à l’égard de son existence » ; j’espère pouvoir l’offrir encore longtemps aux femmes et aux hommes que j’accompagne.

Ras-el-Hanout, association molenbeekoise qui excelle dans le théâtre, est ma deuxième famille. J’y travaille depuis un an maintenant en tant que chargée de projet et depuis 6 ans j’accompagne mon conjoint dans cette belle aventure dans sa passion que j’estime énormément. Chapeau bas l’artiste :-). Elle est belle cette association, elle offre à des jeunes la possibilité d’aller chercher ce qui a de plus beau en eux et de le montrer sur scène et ça c’est juste merveilleux. Bientôt Ras-el-Hanout se dotera d’un Centre Educatif et Culturel « L’épicerie » – à soutenir de tout son cœur ! Lorsqu’on y entre à la rue du Ruisseau numéro 17 à Molenbeek on n’en sort qu’avec le cœur plein d’espoir et des rêves plein la tête.

Bruxelles c’est le lieu de tous les défis et de tous mes défis, je l’aime cette ville par la diversité culturelle qui s’y trouve, je l’aime parce qu’elle me permet de rencontrer des personnes des cultures différentes au quotidien, ce qui constitue pour mon identité une richesse inépuisable. Et même si Bruxelles aujourd’hui est l’objet de difficulté et de douleurs, elle surmontera tout ça et on devra y contribuer ensemble. J’aime la vie qu’elle procure, le rythme dans lequel elle me transporte et les opportunités qu’elle m’offre et même les difficultés et les blessures qu’elle m’apporte ne me font pas peur ; bien au contraire c’est l’opportunité pour moi de découvrir ce que je suis vraiment. Bruxelles c’est aussi des coins de verdures où je peux me retrouver, j’aime me perdre dans les fleurs pour me ressourcer.

La culture pour moi c’est le reflet de la liberté qu’on donne aux gens d’être ce qu’ils ont envie d’être, de laisser exprimer ce qu’ils sont, de pouvoir vivre ses identités multiples dans le respect le plus profond, ce qui permet ainsi à un être humain épanoui de mettre à profit toutes ses ressources intérieures pour créer de la culture. C’est le seul moyen pour la culture d’exister..

Je terminerai par cette citation de Mohamed Ali que j’aime beaucoup : « Je sais où je vais et je connais la vérité ; de ne pas devoir être ce que vous voulez que je sois. Je suis libre d’être ce que je veux. »